Une CEL, et après? La flexibilité au quotidien

Cela a pris son temps mais on y est. Ce vendredi 1er mai, la constitution de la CEL enessert-croquelendine a été mise en oeuvre par Romande Energie. Mis à part le remplacement de quelques compteurs, cela s’est fait sans travaux, sans coupure, sans tremblement de terre. Sans grand changement, au fond. Et après?

Le changement, ce sera aux participant-es de le décider. Pour cela, et c’est la nouveauté, nous disposerons dorénavant d’un accès quotidien aux quantités d’électricité produite et utilisée au sein de la CEL. Les premières données nous sont d’ores et déjà parvenus, d’où l’on tire la courbe de charge ci-dessous pour la première semaine de fonctionnement.

Premières données

Ainsi, les 16 participant-es à la CEL (gérant 31 points de mesure), ont au total utilisé 1’654 kWh d’électricité (courbe du bas), dont 510 kWh issus de la CEL (surfaces vert clair). Un excédent de 1’506 kWh a été injecté dans le réseau (surface en jaune). Techniquement, on dira que la CEL a un taux d’autoconsommation collective de 25% (part de la production écoulée localement) et un taux d’auto-suffisance de 30% (part de la consommation sourcée localement). Ceci sans compter la consommation propre directe des producteur-trices, qui n’est pas (encore) intégrée aux données. En la supposant équivalente à celle des membres non-producteur-trices, on arrive à 45% d’auto-suffisance et 40% d’autoconsommation. Cela pour une semaine au temps assez variable, comme en témoigne l’irrégularité des courbes de production (courbe du haut).

L’objectif sera d’améliorer ces deux facteurs. Pourquoi? Outre qu’elle est légèrement avantageuse (ces 510 kWh d’électricité échangée localement représentent un bénéfice de CHF 44.- sur cette première semaine, à répartir entre production, consommation et coopérative), cette électricité est renouvelable et locale, deux conditions essentielles pour réussir la transition vers un approvisionnement sûr et respectueux de l’environnement.

Et comment ?

Au niveau individuel, les pistes sont aussi nombreuses que les petits éco-gestes dont on a pris l’habitude. Sur le graphique ci-dessus, les courbes vert foncé du 5 et 6 mai (mardi-mercredi) montrent bien le pic de consommation du matin, de 9h à midi, puis le soir entre 18h et 21h. C’est pour réduire ce pic du soir que Romande Energie a fixé son tarif « heures pleines », plus cher, de 17h à 22h. Difficulté: tout le monde n’est pas à la maison entre 12h et 17h, lorsque la production est au plus haut. On peut cependant s’habituer à programmer sa lessive ou sa vaisselle pour quand il y a du soleil, à planifier ses repas (ou ses confitures) pour les faire cuire en cours de journée ou encore à passer l’aspirateur en week-end quand le vent frais a dissipé les nuages. En résumé: prévoir des soirées tranquilles, ce qui a aussi d’autres avantages.

Pour les ménages qui en sont équipés, le chauffage électrique ou par pompe à chaleur est une source de consommation significative et facilement déplaçable grâce à l’inertie thermique. Il suffit de configurer leurs horaires de fonctionnement en conséquence, voire d’installer des systèmes tenant compte des prévisions météo. Il en va de même pour les bornes de recharge pour la voiture. Inutile d’attendre un système de contrôle centralisé avec des données en temps réel: un ciel découvert indique avec une probabilité sufisante un excédent de production à l’échelle de la CEL.

Au niveau collectif également, enessert souhaite ouvrir une réflexion sur les possibilités de déplacer les plages d’utilisation de l’énergie aux heures de production et d’élargir les créneaux de production. Côté utilisation, il s’agit d’activer les leviers ci-dessus, mais aussi d’intégrer les grands consommateurs: groupes de froid, machines à traire etc. Côté production, le solaire en façade, la co-génération, le turbinage des eaux usées, sont des options imaginables. Quant au stockage, via des bornes de recharge « intelligentes » ou via une grosse batterie, il pourrait permettre de décaler une partie de la production, à condition d’avoir d’abord relié l’ensemble des compteurs dans un système de commande centralisé en temps réel (en particulier pour savoir à quel moment et avec quelle intensité activer la décharge).

Prochains pas

Au niveau individuel, la participation à la CEL implique donc d’abord de prendre conscience de ce qui consomme plus ou moins d’énergie et ce qui peut être activé en journée. Les données des consommation individuelles sont d’ores et déjà disponibles dans l’espace client de Romande Energie. Faites-nous part de vos observations, idées et question via les commentaires ci-dessous ou par e-mail.

Au niveau de enessert, la gestion de la CEL implique, pour commencer, de collecter et traiter les données existantes, puis de les mettre à disposition des personnes concernées. Ce sont d’abord les mesures du gestionnaire de réseau, les seules qui fassent référence pour la facturation. Un système pour collecter, analyser, et mettre ces données à disposition des participant-es est à l’étude. Il serait ensuite en principe possible de brancher les outils de suivi existants (Home Assistant et autres) sur cette plateforme. À terme, on peut envisager d’ajouter des équipements pour le suivi des appareils qui en valent la peine. Il sera également possible d’ajouter des fonctionnalités de pilotage, non seulement pour optimiser l’autoconsommation mais éventuellement aussi pour offrir un service de flexibilité au réseau. À suivre…

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